« Le fils de l’Oiseau-Tonnerre » livre écrit par Sylvie Micheli

Article paru dans : PARIS RIVE BIO le 30/06/2018

L’héritage ancestral transmis par un indien Crow
« Oiseau-Tonnerre ! Oiseau-Tonnerre ! Voilà ce qu’ils disent maintenant… Ils se mettent à genoux. Je suis l’Oiseau-Tonnerre. Je suis seul. Ils ont l’air gentil… Puis je me réveille pour de bon. Nous sommes en 2017 et je vis à Paris. Je suis un Native Crow Indian. Je ne suis pas l’Oiseau-Tonnerre mais je suis son fils, comme tous les gens de mon peuple, de ma tribu, aujourd’hui parqués dans une réserve du Montana, aux États-Unis. Ma famille a résisté au génocide et j’ai une mission dans cette vie : faire connaître l’histoire de ma tribu, la tribu crow, les Apsaalooke, les enfants de l’oiseau au long bec, les enfants de l’Oiseau-Tonnerre, dont je suis un fier descendant. »
Ce livre relate l’histoire vraie, celle d’un enfant indien Crow, mais aussi les pratiques, les rituels sacrés et coutumes de sa tribu. Il raconte sa vie au sein de la réserve, l’histoire de son peuple et du génocide amérindien, son adolescence et sa vie jusqu’à son arrivée à Paris, lorsqu’il a été recruté par un grand parc d’attractions pour jouer dans un spectacle, il y a de cela 22 ans.
Né en 1962, à Crow Agency, dans la réserve Crow du Montana (États-Unis), Kevin DUST a été élevé dans la culture américaine dont il est sorti l’unique diplômé de la famille, et dans la culture traditionnelle où il a pu vivre tous les rituels de passage de sa tribu. Unique danseur aux cerceaux crow, il parcourt l’Europe afin d’en faire des démonstrations. Acteur, il a tourné plusieurs films en France. Sylvie accompagne Kevin lors de ses interventions dans les écoles où ils font des conférences sur l’histoire du peuple Crow, le génocide amérindien et la vie dans les réserves.

Éditions Vega – 288 pages + cahier couleur – 18 €

A propos de l’auteur
Écopsychologue, victimologue, conférencière, créatrice de la technique de Psychologie maïeutico-sensitive, Sylvie MICHELI accompagne et forme depuis vingt-quatre ans, en cabinet ou lors de séminaires, des femmes et des hommes sur le chemin de la guérison. Initiée par de grands maîtres aux médecines des peuples premiers, notamment amérindiens, le nom médecine de Plume de Louve lui a été transmis.
www.plumedelouve.com

Interview le fils de l’Oiseau-Tonnerre dans « LE PARISIEN » mai 2018

Illustration. Kevin Dust parcourt la France et l’Europe avec cette tenue, appelée regalia, pour sa danse des cerceaux. Il est le seul indien crow à la maîtriser sur le continent. Sylvie Micheli

Arrivé en France en 1995 pour travailler à Disneyland Paris, Kevin Dust, alias Baaleekonida, membre de la tribu amérindienne Crow, raconte son parcours dans « Le Fils de l’Oiseau-Tonnerre ».

Sur les pelouses ou la terrasse ombragée du golf Disneyland de Magny-le-Hongre, il est comme chez lui. Le personnel et les golfeurs le saluent d’un geste ou d’une poignée de main. Il a un mot ou un sourire pour chacun. « Ça fait quinze ans que je viens ici. Je joue, j’y retrouve la nature, les arbres », apprécie Kevin Dust.

Né en 1962 dans la réserve du Montana (Etats-Unis) de la tribu indienne Crow qui regroupe 9 000 des 15 000 membres de la tribu dans le monde, il travaille depuis 1995 à Disneyland Paris dans le spectacle Buffalo Bill Wild West Show. Fier de sa tribu, il joue pourtant le rôle de Sitting Bull, chef Sioux, dix fois par semaine.

« Même si c’est le plus grand ennemi de mon peuple, j’aime mon rôle. Je peux m’exprimer en tant que chef », apprécie-t-il. « A Disneyland Paris, tout le monde ne connaît pas mon histoire et certains n’ont pas besoin de savoir », ajoute celui qu’on appelle « Baaleekonida » dans sa réserve (NDLR : « Dur au travail » en français).

« Là-bas, il y a l’alcool mais pas de travail »

« Je n’y suis pas retourné depuis trois ans », témoigne ce père de quatre enfants. Un de ses fils vit entre l’Angleterre et Crécy-la-Chapelle où Kevin a acheté une maison. Les trois autres vivent aux Etats-Unis. Il échange avec eux grâce aux réseaux sociaux.

« J’envoie de l’argent à mes proches quand je le peux. J’aimerais y retourner en août pour la centième édition de la « Crow Fair » (NDLR : plus grande concentration de tipis au monde, environ 1 500). Ma tribu ne m’a jamais vu faire la danse des cerceaux. Mais financièrement c’est compliqué. »

Il est le seul à la maîtriser et l’a apprise au travail après une démonstration. Cette danse lui permet aujourd’hui de se produire dans des écoles ou des spectacles en France et en Europe. Il en profite pour parler de l’histoire de sa tribu. Il a aussi joué dans six ou sept films avec une apparition dans « Lucy » de Luc Besson et un rôle majeur dans la série dramatique « Tropiques amers », diffusée sur France 3 en mai 2007.

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Magny-le-Hongre, mercredi 30 mai 2018. Kevin Dust et Sylvie Micheli sont amis depuis deux ans. LP/Alexandre Métivier

« Je commence à apprécier la vie ici »

Il y a deux ans, lors d’un spectacle, il rencontre Sylvie Micheli, écopsychologue. Elle décide de raconter son histoire dans un livre. « Le Fils de l’Oiseau-Tonnerre » est sorti le 9 mai. « Kevin veut montrer la différence entre ce qu’on voit des Indiens à Hollywood et la réalité. Je reviens de la réserve, les gens sont très pauvres », indique Sylvie.

« Là-bas, il y a l’alcool mais pas de travail. Le gouvernement ne nous aide pas », souffle Kevin. C’est pour quitter cette misère qu’il a traversé l’Atlantique. « Ce n’était pas mon choix. Disney cherchait un vrai Indien avec des cheveux longs, la peau mate et qui sache monter à cheval. J’ai été sélectionné. C’était difficile au début mais aujourd’hui je suis heureux, je commence à apprécier la vie ici. Je peux parler de mon peuple mais je n’aime pas le terme d’ambassadeur car je ne fais pas de politique. »

Sur sa chaise, Kevin gesticule quand il évoque les documentaires diffusés en France où les Crows sont confondus avec les Sioux, les Navajos ou les Cheyennes. Ses mains, ses yeux rougis par l’émotion parlent autant que ses mots en anglais. « J’essaie d’apprendre le français, je n’ai jamais pris de cours. Quand je suis arrivé, je ne pensais pas rester aussi longtemps, avoue-t-il. Plus tard, je ne sais pas où je serai. Peut-être entre les deux pays… »

« Le Fils de l’Oiseau-Tonnerre », par Sylvie Micheli, éditions Véga, 292 pages, 18 €.Seine-et-MarneKevin DustTribu CrowSylvie MicheliDisneyland ParisBuffalo Bill Wild West Show

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